La Dame de Paris

Sur le sommet de la galerie la plus élevée, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers, avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse ». Ces paroles de Victor Hugo datent de 200 ans et pourtant elles décrivent exactement ce dont tous les parisiens, français et étrangers ont assisté lundi soir à Paris. Écrit en 1831, cet extrait ne semble plus sortir d’une histoire romanesque.

L’épreuve du feu a prouvé que la belle cathédrale pouvait réunir et réunira toujours. En moins de 24 heures, le roman de Victor Hugo s’est retrouvé en tête des ventes sur Amazon, les cagnottes en ligne se remplissent et les donateurs sont de plus en plus nombreux. 

Dès les premières flammes, la foule s’est rassemblée pour contempler avec impuissance l’un des plus beaux monuments de Paris qui partait en fumée. Les parisiens, les touristes, les passants, désarmés devant le massacre. Désarmés mais ensemble.

Pour les laïcs, croyants, français ou étrangers, elle est un symbole. Que ce soit pour le sacre de Napoléon, les obsèques de Charles de Gaulle, Notre-Dame de Paris a été le lieu de rassemblement. En 2015, elle réunissait au lendemain des attentats et depuis lundi soir la foule est présente pour exprimer son soutien.

Les camions de pompiers se font applaudir en passant près de Notre-Dame, avec 9 heures d’intervention pour sauver la dame de Paris, ils sont devenus des héros. Même s’ils n’ont pas pu sauver l’endroit où Quasimodo se réfugiait pour penser à Esmeralda, la cathédrale est debout et la plupart de ses nombreux trésors sont intacts, comme la croix de l’autel, les rosaces, la couronne d’épines ou encore l’orgue géant qui surplombe la nef. 

La peine amène au rassemblement et au soutien respectif mais on ne peut pas être étonné quand on sait que Notre-Dame a toujours eu de grands admirateurs, et ça depuis 850 ans….

 

Marion Thorin